C’est à l’école Val des Arbres, à Laval, que j’ai
fait mon quatrième et tout dernier stage, avec pour enseignante associée Esther
Sauro. Que dire de ce stage sinon qu’il a été l’aboutissement de quatre années
d’études. Quatre années au bout desquelles je ne croyais pas me rendre. Et
pourtant, je m’y suis rendu.
Lors de ce stage, j’ai vécu une aventure
incroyable avec des élèves de cinquième année, deux enseignants hors pair qui
se donnent corps et âme dans de nombreux projets, et un autre stagiaire, avec
qui j’ai travaillé en étroite collaboration. D’entrée de jeu, nous savions que
nous nous embarquions dans un stage d’envergure, tout d’abord parce qu’il s’agit
du dernier, mais aussi parce que de nombreux projets nous attendaient.
Voici donc un bref aperçu de ce que j’ai eu la chance
de faire durant mon stage…
Projet
APTES :
Ce projet de sciences était un projet pilote mis
en œuvre par le département de didactique de l’UQAM. Le but du projet était de
permettre à des enseignants et leurs stagiaires d’être jumelés à des scientifiques et des consultants en vue
de monter des situations d’apprentissages et de les enseigner. Le projet visait
des écoles de la Rive-Nord et de Laval. La formation que j’ai reçue en
didactique des sciences lors de mes études universitaires ne m’a permis d’être
à l’aise dans l’enseignement des sciences. Le projet APTES m’a nettement
réconcilié avec la matière et m’a surtout donner des outils pour bien enseigner
les sciences à mes élèves au moyen de la démarche active. Nous avons notamment
utilisé le site Éclairs de sciences, regorgeant de SAÉ.
Un projet
contre l’intimidation :
Parmi les projets que nous avons faits, celui
dont je suis le plus fière est le projet que nous avons intitulé Planète
Orange. Ce projet visait, par le biais d’un clip promo chantant (lipdub) et d’actions
posées dans l’école, à sensibiliser les élèves à l’intimidation vécue dans les
écoles. Les deux classes de cinquième année de l’école Val des arbres ont réalisé,
en à peine trois semaines, un lipdub. C’est l’une des premières fois que je
vivais le travail par projets dans une classe. La leçon que j’en tire ? Faire
des projets avec nos élèves, c’est les amener à se dépasser, à devenir autonomes
et surtout à apprendre ! Il est faux de prétendre que les enfants n’apprennent
rien en faisant des projets. Quand l’affectif se mêle au cognitif, les
apprentissages deviennent plus que signifiants. Enclencher un projet n’est
jamais chose facile. Il faut être prêt, il faut savoir où on va, il faut du
temps et de la patience. Bien sûr, lorsqu’on commence, les élèves tournent en
rond. Puis, petit à petit, on les voit se mobiliser, devenir autonomes et
grandir. Ce fut une expérience extraordinaire, tant pour les élèves que pour
leurs enseignantes et leurs stagiaires. Voici ledit lipdub :
Bon visionnement !
Mon projet de formation personnelle et
professionnelle :
Pour mon projet, j’ai choisi une travailler une
compétence que je n’ai pas eu l’opportunité d’approfondir lors de mes stages précédents :
la gestion de classe. Je souhaitais mettre sur pied un système de gestion de
classe efficace afin d’en expérimenter les effets sur un groupe. Le principe de
mon système de motivation était simple et surtout en lien avec mon activité de
présentation. Au début de mon stage,
chaque élève a reçu un mousqueton, symbolisant la persévérance et les efforts
dont il allait devoir faire preuve durant mon stage.
Mon système de motivation
a donc pris la forme d’une montagne que les élèves devaient construire eux même
au moyen de pierres remises chaque jour pour leur bon travail. Trois élèves
étaient nommés au mérite chaque jour.
Mon système de
motivation n’a pas eu le résultat que j’escomptais. Il m’a tout d’abord fallu
faire face à un manque de temps majeur. Je suis débarquée dans une classe où de
nombreux projets attendaient les élèves ainsi que les stagiaires ! Dans la foulée
et le feu de l’action, il m’a souvent
été difficile de remettre leurs pierres aux élèves qui le méritaient. Ce
n’était toutefois pas faute d’avoir nommé aux élèves leurs bons coups. Je n’ai
jamais cessé de renforcer les bons comportements de mes élèves. D’un point de
vu matériel, il m’est arrivé de manquer de pierres, ce qui ne m’a pas facilité
la tâche. Il aurait alors fallu que je fabrique toutes mes pierres à l’avance
et même demandé l’aide des élèves, ce que j’ai fait de temps à autre. Certains
se faisaient une joie de découper mes pierres. Je dois cependant reconnaître
que du début à la fin, les élèves n’ont jamais cessé de me parler de la
montagne et me demandaient souvent à quel moment j’allais remettre les pierres.
Le jour suivant la fin de mon stage, mon enseignante associée me racontait
également que les élèves lui avaient demandé de garder la montagne en souvenir
de mon passage. C’est donc là un signe que mon système a laissé des traces et
qu’il s’est bien implanté.
Mon système de motivation a-t-il eu
un impact sur les élèves ? Oui, mais sur très peu d’entre eux. J’ai choisi de
faire ce projet alors que je ne connaissais pas beaucoup mes élèves de stage.
J’ai alors jugé que mon système serait efficace, sans même savoir que tout compte
fait, mon groupe n’avait pas un réel besoin de système de motivation. Cependant,
j’ai pu voir chez certains élèves des résultats positifs. En effet, ces élèves
se sont montrés particulièrement désireux d’obtenir des pierres. J’ai pu
observer chez eux de meilleurs comportements et un souci de vouloir m’aider, de
rendre service et de me rapporter des événements ayant eu lieu dans la cour
d’école.
Bien qu’il n’a pas eu le résultat
que j’espérais, mon projet de développement personnel et professionnel m’a tout
de même permis de faire des apprentissages et des conclusions qui m’aideront
dans ma pratique. Ce que je retiens tout d’abord, c’est qu’un système de
motivation demande une grande logistique, surtout au niveau du temps. L’erreur que j’ai souvent faite au cours de
mon stage était de ne pas avoir mis de temps fixe pour la remise de mes pierres
dans mes planifications quotidiennes. Il aurait fallu qu’une routine
s’installe. Ce que j’ai aussi réalisé, c’est qu’un système de motivation n’est
pas nécessairement efficace avec tous les types de groupe. Le mien, par
exemple, n’avait pas besoin d’un tel système pour aller chercher sa motivation.
Les élèves ont été la chercher d’autres manières, par le biais des projets
qu’ils ont vécus, par exemple. Mon idée de montagne n’était peut-être pas la
meilleure. Aurais-je dû utiliser un autre thème plus accrocheur ? Je me le
demande. Si je le refais, il prendra sûrement la forme d’un jardin ou d’un
arbre.
De tout mes
stages, le quatrième a été le plus gros, mais surtout le plus beau. Ce stage m’a
permis d’améliorer de nombreux points, surtout en ce qui a trait à la
planification. J’ai réalisé des choses que je ne croyais pas pouvoir faire, et
ce, avec une assurance qui m’était insoupçonnée. La preuve en est lorsque j’ai
accepté de me faire filmer alors que j’enseignais des sciences. En me voyant, j’ai
vu une enseignante et non plus une étudiante qui n’a pas confiance en elle.
Pour moi, c’est un pas majeur.
Pour finir, voici l’intégralité
d’un texte que m’a écrit mon superviseur de stage, Mariette Gervais :
« Julie a fait un stage
tout à fait remarquable!
Elle crée des liens signifiants
et solides avec les élèves et sa gestion de classe est très rigoureuse. Ses valeurs sont bien définies et elle sait
les faire respecter! On se sent bien dans sa classe! Charmé et en sécurité!
Sa facilité à
communiquer, sa façon d’animer, son sourire, je dirais son bonheur à être
enseignante, sont tout simplement contagieux!
Son plaisir à enseigner devient le plaisir des élèves à apprendre.
Julie a pris conscience de l’importance capitale
d’une planification rigoureuse et détaillée.
Étant très douée pour animer un groupe d’élèves, elle se fiait « un
peu » sur son talent naturel en délaissant ce qui lui semblait plus lourd à
faire, soit une bonne planification. À la première supervision, la difficulté a
été nommée et Julie a rapidement corrigé
la situation.
Je fus ravie de voir
dès la 2ème supervision, un cartable exemplaire qu’elle a
maintenu avec la même rigueur jusqu’à la
fin de son stage. Ce qui est le plus important, c’est que Julie ne pourrait
plus se passer de cette compétence car elle y a trouvé la confiance en
elle-même qui parfois lui faisait défaut.
Bien planifiée, les notions maitrisées, Julie se sent davantage libre et
spontanée dans la conduite de sa classe.
Elle peut se montrer davantage naturelle et authentique. (En fait foi,
une leçon sur les fractions très appréciée des élèves!)
Je me suis sentie bien
accueillie dans sa classe et les entretiens de supervision furent enrichissants
pour tous!
Julie, merci de la confiance que tu
m’as témoignée!
C’est ton ouverture qui a fait toute la différence!
C’est ton ouverture qui a fait toute la différence!
Un succès plus que mérité!
Mariette Gervais 20 avril 2012 »
Mariette Gervais 20 avril 2012 »


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