Compétence 13 :
S'approprier la réalité pluriethnique de la société
québécoise et de l'école montréalaise, se sentir réellement concerné dans ses
actions pédagogiques, développer les compétences de l'éducation
interculturelle.
Dans la région de Laval, et dans certains quartiers
plus que d’autres, la pluriethnicité est bien présente dans les classes du
primaire. Elle l'est tellement, que la ville de Laval a créer un guide fait expressément à l'intention des parents immigrants, afin de les aider dans le cheminement scolaire de leurs enfants.
Les enfants québécois sont habitués depuis qu’ils sont tout-petits de
côtoyer des enfants d’autres origines qu’eux. De ce fait, je n’ai été témoin d’aucune
discrimination raciale, ce qui était loin d’être le cas lorsque j’étais
moi-même élève au primaire. Dans les classes, cette diversité culturelle rend
les échanges très intéressants entre les enfants, surtout à l’approche des
fêtes, où l’on peut comparer les us et coutumes des autres pays. C’est d’ailleurs
quelque chose que j’aimerais faire durant mon stage.
L’école où je fais mon stage III est issue d’un
milieu aisé (quartier Champfleury) où la pluriethnicité est beaucoup moins
présente qu’ailleurs dans Laval, par exemple le quartier Chomedey. Dans ma
classe, nous n’avons que 3 ou 4 élèves sur 22 dont la culture est différente et
surtout dont la langue maternelle n’est pas le français. J’ai longuement
observé ces élèves et j’en suis venue à la conclusion à suivante : la
plupart d’eux réussissent très bien, mais chez d’autres, il y a des lacunes
importantes, surtout au niveau du vocabulaire. J’ajoute aussi que selon les cultures,
l’école n’a pas toujours la même importance. Ainsi, certains parents
collaborent moins.
J’ignore si c’est parce que j’ai été éducatrice
spécialisée, mais ces enfants me préoccupent beaucoup, voire même autant que
les élèves EHDAA. Au début de mon stage, les élèves de ma classe avaient un
travail de vocabulaire à faire. Le but de l’exercice était de trouver des mots
commençant par H dans le dictionnaire, avec pour seul indice une image. Cette
tâche, qui est déjà complexe pour des enfants québécois, me semblait l’être
encore plus pour des enfants dont le français n’est pas la langue maternelle. Voyant
que ces élèves ne réussissaient pas la tâche et qu’ils revenaient sans cesse à
mon bureau sans être capables de mettre des mots sur les images, j’ai compris
qu’il me fallait trouver une autre stratégie pour ces élèves et surtout faire
en sorte que la tâche soit plus réaliste pour eux. Du coup, ces élèves ont été capables
de terminer leur tâche.
Pour moi, la pluriethnicité implique donc qu’au
même titre qu’avec les élèves EHDAA, les enseignants et les enseignantes de la
CSL (et de partout au Québec) doivent ajuster leur pédagogie. C’est inévitable.
Qu’on se le tienne pour dit. Un enfant dont la langue principale à la maison n’est
pas le français n’apprendra pas au même rythme qu’un autre enfant baignant dans
le français depuis sa naissance. Il est essentiel d’en tenir compte.


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